Notre projet
Article mis en ligne le 15 mars 2015
dernière modification le 16 mars 2018

par gdvie
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L’action de Goutte de Vies touche à un domaine très particulier, celui de la fin de vie et de la mort.
Notre projet tente, entre autre, d’apporter une réponse humaine et humaniste à l’accompagnement des « morts de la rue ».
Nos actions dans ce domaine doivent rester discrètes, respectueuses de la douleur des familles et des amis. Les origines de notre engagement partent de deux préoccupations :
- ne plus laisser partir quelqu’un dans l’indifférence, la solitude et accompagner dans la dignité ceux qui restent : sa famille, ses proches …
- rendre hommage à la mémoire du défunt.

Mais notre collectif, à travers toutes ses actions, tente également d’accompagner le passage en étant présent auprès des personnes qui « vivent leur mort » bien avant leur décès, dans des trajectoires d’effondrement personnel et d’autodestruction, comme on peut parfois en rencontrer à la rue. Il essaye alors d’accompagner, de veiller et d’aménager une présence inconditionnelle auprès de ces personnes.

« Goutte de Vies » propose de témoigner de l’humanité du disparu.
La mort, événement intime et personnel est aussi un acte public, affectant la collectivité, temps où vient se signifier un sujet au regard du social et de l’institutionnel.
« Goutte de vies » souhaite aider à réintégrer la disparition d’une « personne ayant fait l’expérience de la rue », dans le champ de l’humanité, de l’histoire, de l’imaginaire et de la vie de ceux qui restent.
Il s’agit - ne serait-ce que par une présence, une seule au moins, symbolique - dans la dignité et le respect de la mémoire du mort, d’éprouver ainsi sa perte et de donner à son souvenir la possibilité de se réinscrire dans la mémoire de la collectivité humaine, un temps désertée.

« Goutte de Vies » tente enfin de témoigner de la vie du disparu.
Le collectif se préoccupe de faciliter le passage et la pérennité des liens sociaux et affectifs dont l’existence du disparu participait, sans toutefois se substituer à l’entourage. Il peut contribuer à la transmission de certains souvenirs du défunt, c’est-à-dire ce qui va lui survivre : effets personnels, mais aussi paroles dites et entendues, souvenirs partagés…, dans le respect et sans trahir sa mémoire.
L’association propose de promouvoir des événements de l’ordre du deuil et de la perte, pour que la mort de quelqu’un ne se réduise pas à un pur effacement du champ social mais soit à nouveau lestée de toute sa gravité, réinscrivant le sujet dans le champ de la communauté des vivants et des morts.

En conclusion, une remarque s’impose, fondamentale, pour notre collectif  : l’intérêt que nous portons à ces femmes et ces hommes ne prend pas racine dans leur mort mais dans leur vie. Leur disparition prématurée heurte notre condition d’humain et de citoyen. Leur espérance de vie, près de 30 ans en-dessous de la moyenne nationale ainsi que leur mort, souvent violente, nous choque. Si nous accompagnons ces morts, c’est aussi pour témoigner en quoi leurs conditions de vie les mènent à cette surmortalité. Il devient urgent de comprendre ce qui, dans notre société, peut produire de telles inégalités.
Notre collectif accompagne les morts mais se préoccupe des vivants, surtout des vivants ; ceux qui restent : familles, amis, proches … Mais aussi ceux qui, usés par une existence souvent tragique et des années passées à la rue, se fragilisent et y meurent encore. Leur désespoir, leur extrême vulnérabilité, l’importance des carences qu’ils subissent ne leur laissent, en effet, que peu de chance de survie.
La compréhension et la dénonciation des mécanismes conduisant à cette mortalité prématurée viennent étayer notre détermination à soutenir toutes initiatives qui contribuent à l’amélioration des conditions de vie des personnes de la rue. Il s’agit pour nous de lutter contre ce qui les menace. Nous sommes collectivement attachés au pacte social, fondement de notre république, qui affirme que chaque citoyen, y compris le plus démuni, peut vivre dans la sécurité à laquelle il a droit. Nous voulons croire que, décideurs politiques et citoyens, pouvons œuvrer ensemble pour une politique de cohésion sociale qui ne laissera plus s’amplifier le scandale des morts de la rue.
C’est pourquoi, nous vous invitons maintenant à vous souvenir avec nous de ces morts pour, à l’avenir, mieux prendre soin des vivants.


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